Les 8 astuces à appliquer et erreurs à éviter [Le live tweet en questions - BONUS]

Pour la troisième fois, nous avons mené un live-tweet au Théâtre du Rond-Point. En réalité ce live était plus vaste qu’un live tweet, il tournait autour d’une diffusion en direct sur Dailymotion et de la publication sur un Tumblr de nombreux contenus créés pour l’occasion, en amont (Dailymotion, Ventscontraires.net, ressources du théâtre…) et en live (Instagram, GiBoom).

Ce qui m’intéresse aujourd’hui, dans la série des articles Le Live tweet en questions, c’est de partager les astuces qui vous permettrons de faire de votre live tweet une véritable valeur ajoutée à votre soirée, et les contre-temps expérimentés, histoire de vous les éviter.

Rappel de la série Le live tweet en questions :
- Twitterwall, hashtag et interaction scène/public [1/3]
- Mettre en œuvre un live tweet [2/3]
- Intérêts et réticences d’un LT au théâtre [3/3] - à venir

1 - Prévoir une zone dédiée ou Tweet Seats

L’utilisation de smartphone dans une salle obscure… cela relève quasiment de l’oxymore. Si vous invitez des personnes pour live tweeter, positionnez les de préférence ensemble et de façon judicieuse pour impacter le moins possible les autres spectateurs.

image

Photo : Évidemment, si une spectatrice s’assoit de force dans votre zone réservée et “enguirlande” vos invités, vous atteignez les limites de cette recommandation.

2 - Se positionner près de la scène

Votre live tweet sera plus impactant et mieux réutilisable si vous diffusez de l’image prise en direct : photo, vidéo… Pour cela, les smartphones et tablettes n’étant pas muni d’objectif longue distance, il faut être dans les premiers rangs, voir en coulisse.

Afficher davantage

Démonstration du TweetWall Pro en mode Wheel : les tweets sont affichés avec l’avatar de leur auteur. Ce design, relativement sobre, met en valeur le spectateur twittos.

Mettre en œuvre un LT [Le live tweet en questions 2/3]

Les impératifs techniques : la connexion et l’équipement pour le Tweetwall

Le premier impératif pour organiser un live-tweet, et non des moindres dans nos bâtiments : offrir une bonne connexion pour votre public et leur smartphone. Car sans réseau, évidemment pas de possibilité de s’exprimer sur Twitter. Donc testez votre réception 3G (tout opérateur) dans la salle et, si elle est mauvaise, prévoyez d’ouvrir un accès wifi pour la durée de la soirée.

Ensuite, pour votre Tweetwall, vous aurez besoin de mettre en place :
- un vidéoprojecteur, relié à un ordinateur connecté à Internet
- un second ordinateur pour la modération (vous pouvez tout gérer sur un seul ordinateur mais d’expérience il est plus simple et sage d’en avoir deux)
- un écran de contrôle visible par les intervenants s’ils doivent interagir avec le contenu issu de Twitter / l’alternative pouvant être que certaines questions posées via Twitter soient transmise aux intervenants par une personne de l’équipe

Le budget

Le budget est variable. Il dépendra de l’équipement disponible dans votre structure (vidéo-projecteur, ordinateur…) et donc des éventuels frais de location que vous aurez à prévoir.

Ensuite, pour l’utilisation d’un utilitaire pour la projection, comme TweetWallPro présenté précédemment, vous avez la solution gratuite et la solution payante.

La gratuite vous permettra de modérer le contenu. Vous pourrez choisir la durée et le design de votre projection. Toutes les 5 min passera un message “This is a demo version” et toutes les 10 min un panneau TweetWallPro sera diffusé.

La payante sera vierge de la promotion de la société. Vous pourrez y ajouter des panneaux présentant l’événement ou vos partenaires (tout est possible). Le coût varie selon la durée de la projection et se paie en crédit (un crédit = 1h = 32 à 50 euros selon le nombre de crédits acheté à la fois).

Le hashtag

Le hashtag, n’importe qui peut l’inventer mais vous devez en recommander un qui sera le mot clé officiel de votre événement. Si vous ne le faites pas, suivre les tweets s’avèrera beaucoup plus difficile (imaginez que pour parler de Pippo Delbono chez nous en ce moment, les spectateurs utilisent indifféremment #Pippo #Delbono #PippoDelbono #PDelbono #Dopolabattaglia etc.).

Votre hashtag doit être choisi avec soin :
- il doit être court : être rapide à composer et ne pas trop empiéter sur les 140 caractères d’un tweet
- il doit être clair : mot en relation direct avec l’événement, acronyme, il doit avoir un sens et être facile à retenir
- il doit être unique : vérifier que le mot, l’acronyme choisi n’est pas déjà utilisé sur Twitter (ex : si votre événement s’appelle “Or Si Elsa Fuyait” n’utilisez pas #OSEF qui sur Twitter veut dire “On S’En Fout”…)

Les moyens humains : le community manager référent

Une personne doit être connectée au LT sur Twitter toute la durée de l’événement pour RT (retweeter) et répondre aux tweets du public. L’interaction doit être intrinsèque à toutes vos actions sur les médias sociaux.

Pour cela, un outil tel que TweetDeck vous sera très utile.
Soit dit en passant, ce type d’outils vous servira au quotidien pour suivre vos mentions, mots-clés (noms d’artistes, de spectacles), effectuer des recherches ou retweeter des contenus intéressants. Vous pourrez également programmer des tweets à l’avance.

Si vous ouvrez un TwitterWall, cette même personne en assurera la modération… si vous décidez de modérer. J’aurais tendance à toujours privilégier la modération. Cela prend un peu de temps mais oblige à avoir conscience de tout ce qui sera diffusé et permet d’éviter quelques mésaventures. En revanche, la modération doit avoir du sens et être cohérente avec l’esprit Twitter : laissez de la marge dans ce que vous affichez, ne restez pas que dans l’utilitaire, mots d’humour, d’humeur ont leur place… Il faut que le ton soit libre.

Le compte de votre @institution

Ensuite, le compte de l’institution doit être partie prenante du dialogue. Mais plutôt que décrire ce qui se passe, ce que font les spectateurs-twittos, l’institution peut fournir des informations complémentaires, envoyer des liens, des images… Elle peut et doit enrichir l’échange en contenu.

Préparez votre contenu en amont : images, noms des intervenants/artistes/oeuvres correctement orthographiés dans un bloc note (éditeur de texte brut) accompagnés des éventuelles pseudo Twitter s’ils existent, liens…

…et la communication

Évidemment, il faut savoir faire et faire savoir. Indiquez partout que l’événement fait l’objet d’un LT : en amont sur votre site, vos documents, les réseaux sociaux… et sur place par un affichage explicite à l’entrée et dans la salle.

Travaillez sur Twitter principalement pour faire connaître votre initiative et inviter votre communauté Twitter à assister à votre événement. Ceci est un travail de moyen terme : vous aurez au préalable repéré des interlocuteurs fidèles, avec qui vous échangez régulièrement et qui sont intéressés par votre structures. Vous pourrez les inviter à assister à votre événement.
Car si au sein de votre public, il n’y a pas d’utilisateurs de Twitter… pas de LT.

Enfin, affichez clairement sur place, le jour de l’événement :
- le hashtag de la soirée
- vos identifiants d’accès wifi le cas échéant (nom du réseau, mot de passe de la soirée, que vous changerez bien sûr le lendemain)

Et après ? Quel reporting sur Twitter ?

Il existe des outils pour faire une sorte de bilan de votre LT.
Je pense notamment à Tweetdoc qui, avec un terme de recherche et un créneau de date, sortira les tweets émis ainsi que la liste des participants.
Par exemple : pour notre expérience avec Radio France, nous avons eu 125 participants qui ont émis plus de 500 tweets contenant #RFtravail. On observe que la durée de vie du hashtag est supérieure à la simple durée de l’événement : encore 5 jours après, il continuait à être utilisé.

Tweetdoc peut également vous servir pour des recherches sans hashtag (nom de votre lieu, titre d’un spectacle, nom d’un artiste…).

Si vous trouvez un meilleur outil de suivi, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

Photo : © Charlotte Bouvier / Radio France

Épisode suivant : Réticences et intérêts d’un LT au théâtre

Twitterwall, hashtag et interaction scène/public [Le live tweet en questions 1/3]

Nous avons pour la première fois eu l’occasion de coordonner un live-tweet au Théâtre du Rond-Point, à l’occasion de La Grande Enquête de Radio France “Quel travail voulons-nous ?”. A travers une série d’articles, je vous présenterai ce qu’est un LT, sa mise en œuvre, ainsi que son intérêt et ses limites pour les lieux de spectacle.

Une définition du live-tweet (ou LT pour les initiés)

Live-twitter, c’est envoyer des messages sur Twitter à propos d’un événement auquel on est en train de participer. C’est donc d’abord votre public qui live-twitte : vous pouvez accompagner et favoriser le geste, le faire en parallèle depuis votre compte institutionnel… mais vous ne pourrez pas empêcher votre public de live-twitter.

Quand on parle d’organiser un live-tweet pour une institution, on englobe :
- la mise en place d’outils (ex : s’assurer de la présence d’un réseau 3G ou wifi dans la salle) et de moyens humains (ex : un référant pour la soirée, pour twitter et modérer)
- la définition d’un plan de communication (ex : faire savoir en amont et le jour J qu’un LT coordonné est proposé) intégrant une action de community management (ex : trouver des personnes actives sur Twitter et faire en sorte qu’elles aient envie de venir à votre événement)

Le LT permet de donner une dimension supplémentaire à votre événement : dans la salle en apportant une source nouvelle d’interaction, immédiatement avant et après l’événement comme outils de médiation, mais aussi à l’extérieur puisque les internautes peuvent suivre à distance ce qui se passe dans vos murs, voir interagir avec votre plateau si vous le souhaitez.

Le TwitterWall pour favoriser une nouvelle interaction scène/public

Quand votre public s’exprime sur Twitter, vous pouvez bien sûr interagir avec lui en temps réel, par ordinateur/smartphone interposé. Mais vous pouvez aussi utiliser le LT dans la salle comme outil d’interaction IRL (in real life) avec les artistes, les intervenants de votre événement.

En effet, des outils existent vous permettant de très facilement diffuser les tweets dans la salle, avec ou sans modération de contenu. Comment cela fonctionne ? Les tweets contenant le hashtag* de votre soirée sont automatiquement remontés et affichés sur une page web que vous pouvez alors projeter dans la salle. Le contenu affiché peut être modéré par une personne de votre équipe. Le public et les intervenants les voient : le public est donc incité à tweeter (et espère voir son message apparaître), les intervenants peuvent se saisir des tweets pour orienter leur discours/proposition sur scène.

Pour notre LT, nous avons utilisé un site web, TweetWallPro, qui évite l’installation d’un logiciel sur l’ordinateur et permet la gestion du flux de n’importe quel poste, voir de plusieurs postes en même temps. Le service existe en version gratuite et payante, avec différents design d’affichage, personnalisables.
> site officiel

*Haaaaaaaaaash… tag !?

C’est bien de live-twitter ou de twitter tout court. Mais Twitter c’est avant-tout un univers très codifié, assez imperméable et déroutant au premier abord. Les codes s’acquièrent à l’usage, celui que nous verront ici c’est le hashtag - outil indispensable de votre LT.

Le hashtag, c’est une balise. De l’anglais, tag pour étiquette, accroche ou marque, et hash pour hâcher. C’est un mot-clé - rendu reconnaissable et cliquable par l’ajout du symbole # - qui permet de suivre un flux de conversation.

Vous en trouverez de toute sorte : #PippoDelbono ou #Delbono quand quelqu’un parle de cet artiste, #RFtravail quand les spectateurs tweetaient pour la journée Radio France autour du travail, #atfr pour suivre une conférence de l’Atelier Français ou #TGIF que vous verrez fleurir tout les vendredis (Thank God It’s Friday). Lisez donc, sur le blog “L’atelier Ted et Eux”, une leçon de hashtag aussi amusante qu’anecdotique, mais qui aura le mérite d’illustrer clairement à quoi ça sert (ou parfois ne sert à rien).

Épisode suivant : la mise en œuvre d’un LT

Spectacle vivant et digital : 32 comptes twitter à suivre pour démarrer une veille

Les listes fleurissent sur le web et, après 9 mois de veille sur Twitter via le compte @RondPointParis et mon compte personnel @AnneLeGall,  j’y ajoute la mienne. Moins tendance mais plus originale puisque j’abandonne le culte du chiffre rond : voici les 32 twittos qui me font le plus avancer dans mes réflexions professionnelles. Evidemment non exhaustif mais c’est un point de départ pour construire votre propre timeline.

[10 + 1 Pros du web pour industries culturelles ]
@thibautthomas (tweet pour la GaÏté Lyrique)
@gonzagauthier (tweet pour le Centre Pompidou)
@samuelbausson (orienté musée)
@_omr (consultant free-lance)
@objetivarte (agence de conseil)
@wtfirl (consultant web)
@Mr_mecenat (veille)
@cmonnet (veille)
@ylakim (se définit comme geek-artiste)
@fano (multicasquette et initiateur de l’Atelier français)
@frompennylane (On sort du secteur culturel mais on file vers l’éducation. Comment une prof utilise les réseaux sociaux avec ses élèves. Intéressant de voir comment on peut réinterroger ses pratiques face au digital)

[5 Institutions culturelles sachant tweeter ]@gaitelyrique / @centrepompidou / @Jeudepaumeparis / @centrepompidou / @americanrep

[5 Structures de veille ou de réflexion ]@AtelierFrancais / @cblogculture / @TechInTheArts / @diversites / @cultureveille

[6 + 4 + 1 Généralistes orientés web et technologies ] Individus @pressecitron / @Cyroultwit / @damiendouani / @jeanlucr / @Mathilde / @epelboin / Agence ou site web @WebmarketingCOM / @LaNetscouade / @frenchweb / @Knowtex / Conférences et ateliers (à Paris / souvent gratuit) @lacantine

[= 32 + 2] car vous pouvez aussi suivre… @RondPointParis et @AnneLeGall